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Nous publions ici des témoignages
de rétablissement de membres DA. Nous invitons les membres
qui le souhaitent, à nous expédier leurs expériences
que nous mettrons en ligne, ce qui permettra à d'autres
ce s'identifier à ces expériences.
Les
thèmes de vos témoignages peuvent être par
exemple :
- le Plan de dépenses
- la Vision
- ou votre histoire personnelle de rétablissement
Vos
témoignages devront refléter votre propre expérience
(dans l'esprit DA, c'est à dire par rapport à
l'endettement compulsif ou "l'anorexie financière"
et en respectant l'anonymat, le 4e outil DA). Il est souhaitable
que vos témoignages comportent un titre et un texte de
préférence en français pour l'instant (en
attendant la version anglaise du site en préparation)
et que leur longueur n'excède pas 2 pages si possible
(1200 mots environ).
Seuls
les témoignages effectués dans le respect des
12 traditions de DA pourront être publiés.

Témoignage
1
Bonjour,
Je m'appelle Bernard, je suis dépensier compulsif et débiteur
depuis de nombreuses années. Pourtant j'ai un salaire,
disons correct, une sécurité d'emploi et j'habite
une ville de province où le coût de la vie est parmi
les plus bas de France. Je suis célibataire.
En janvier 1986, avec un ami venu me rendre
visite, nous abordons la question de ma situation financière.
J'avais des impayés d'impôts, un crédit "revolving"
assez important et un découvert sur mon compte courant.
Il s'inquiète en me disant : "je ne sais pas comment
tu vas rembourser tout ça".
Un mois après, le jour d'une manifestation d'agriculteurs
qui déversaient des pommes de terre sur la chaussée,
je pète littéralement les plombs devant ce que je
considère être un gachis. On juge plus facilement
les autres qu'on ne cherche à se connaître et à
se changer soi-même.
Il s'en suit quatre mois de folle cavalcade où je fais
plusieurs fois le tour de la France en voiture, mais aussi en
avion-taxi (250 Km) et en taxi-voiture sur 110 Km. Le même
jour j'avais acheté 2 machines à écrire électroniques.
Un jour, épuisé de tant conduire je m'arrête
dans un hôtel à l'entrée de Niort. Le lendemain
je vais en centre ville, je m'arrête dans le parking souterrain
d'une grande surface et je prends 2 tranxènes-10 car les
angoisses étaient très fortes. Je vais déjeuner
à la cafétéria et je n'ai pas encore commencé
mon plateau que je demande à la caissière de me
faire hospitaliser par les pompiers. Je suis transporté
à l'hôpital psychiatrique. J'étais très
loin de chez moi et de ma famille et ce sont des amis chez qui
je me rendais qui sont venus me chercher (ils habitaient) près
de Libourne.
Je passe une semaine auprès d'eux puis je reprends ma route.J'achète
une BMW d'occasion avec un chèque sans provision dans un
petit garage où, ne pouvant conduire qu'une seule voiture
à la fois, j'y abandonne ma voiture qui valait plus que
le véhicule d'occasion.
Je me retrouve interdit bancaire et n'ai presque plus d'argent
pour vivre.Je reprends mon travail courant mai et je suis amené
à faire une course pour mon employeur qui me donne 50 F
en espèces. Avec le reste de la course j'achète
2 paquets de cigarettes. Je ne pouvais donc pas rendre la monnaie
de la course et c'est pour une dette de 15 F environ que je tombe
littéralement par terre dans mon bureau. Heureusement,
un collègue est passé et m'a trouvé. Je suis
hospitalisé (avec mon accord) mais en fait, le sous-directeur
qui m'avait conduit à l'hôpital avait signé
pour un placement à la demande d'un tiers.
Je suis resté 3 mois en hôpital
psychiatrique. L'assistante sociale, qui a été très
efficace, a fait le point de ma situation et mis en place les
mesures qui s'imposaient (sauvegarde de justice, tutelle puis
curatelle renforcée). Pour la voiture, il y a eu annulation
de vente et le reste (plus de 150 000 F), je l'ai remboursé
sur plusieurs années.
Je suis aujourd'hui en curatelle simple.
J'ai dû quitter mon appartement, j'ai repris mon travail,
et j'ai été hébergé pendant 10 mois
chez mes parents. Je les remercie de ne pas m'avoir logé
gratuitement mais pour une somme minime qui me permettait toutefois
de garder un peu d'amour-propre. L'humilité, je ne la connaissais
pas encore.
En 1995, j'ai à nouveau des difficultés financières
et je rencontre DA qui m'aide beaucoup dans mon rétablissement.
Toutefois, et probablement parce que je ne sais pas suffisamment
me confier à ma puissance supérieure, il m'arrive
encore de dépenser compulsivement.
Mais, grâce aux amis de la fraternité des Débiteurs
Anonymes et de 2 autres fraternités utilisant le même
programme, je progresse, un peu chaque jour, vers la solvabilité
et la prospérité. Ma sobriété émotionnelle
s'améliore car, autant que dépensiers compulsifs,
je suis aussi "malade de mes émotions".
Après demain j'ai une réunion de décompression
à Paris et je pourrais en parler en toute confiance aux
2 amis DA car je sais qu'étant eux-mêmes débiteurs,
ils sauront me comprendre et ne me jugeront pas.
Merci à DA
Bernard A

Témoignage
2
Je suis Gabriel, débiteur compulsif.
Aujourd'hui, après presque 5 ans à DA, je me sens
heureux et libre. Ma vie a beaucoup changée grâce
à DA. Elle n'est pas toujours cool, mais j'ai l'impression
de passer plus simplement au travers des difficultés et
de moins souffrir de mes émotions.
Je suis issu d'une famille nombreuse. Assez tôt j'ai eu
un rapport assez dysfonctionnel avec l'argent. Je me rappelle
qu'à l'age de 11 ans je pensais que l'argent pouvait rentrer
à volonté. Je ne comprenais pas pourquoi il fallait
travailler. J'avais un peu d'argent de poche mais j'avais du mal
à le garder. Ca partait de suite. De ce fait je n'ai quasiment
jamais eu d'économies. Par la suite j'ai eu une grande
difficulté à devenir autonome financièrement.
En fait j'ai l'impression de ne jamais avoir été
autonome avant mon entrée à DA.
Ce qui me vient, c'est que je n'ai jamais vraiment profité
de ce que je gagnais. J'ai pris l'habitude dès que j'ai
travaillé, de dépenser de suite tout l'argent. J'avais
des rêves de grandeur à mon adolescence du style
: "je serai un patron qui aura beaucoup d'argent et qui pourra
entretenir sa femme" et aussi : "j'aurai de belles voitures
et je ferai de grands voyages". Je n'ai rien réalisé
de tout ça. J'ai été marié et j'ai
brisé mon mariage en grande partie à cause de ma
dépendance à l'argent.
Durant mon mariage, c'était toujours la vie au rabais :
il ne fallait pas trop dépenser pour les vacances par exemple.
Alors on partait dans la famille, ou bien on faisait de fausses
déclarations pour trouver de l'argent par le biais des
assurances. Adolescent, j'ai volé, un peu, ensuite j'ai
volé un peu plus, pas les gens, mais les impôts,
les institutions en général pour me soustraire à
mes obligations. Et surtout, quand je devais payer les charges
il n'y avait plus d'argent. Bien sûr, je restais tout seul
avec mes émotions. Quand le banquier appelait à
la maison, j'avais terriblement peur, mais je me disais "demain
ça ira mieux". Je ne faisais rien pour car j'étais
convaincu que le jour (très proche) ou je gagnerai plus
d'argent, quand je serai riche, je n'aurai plus aucun souci et
la vie sera belle
J'avais également très peur
de la boîte aux lettres où m'attendaient parfois
de mauvaises surprises comme des recommandés.
Les émotions et la dépression guettaient. J'ai eu
un ulcère, puis j'ai été en proie avec des
émotions incontrôlables pendant de très longues
années. J'ai alors essayé de m'attaquer à
ces émotions mais pas à leur origine. J'ai nié
pendant très longtemps que ces émotions faisaient
partie de moi et que j'en étais l'auteur principal. Je
voulais tuer mes émotions, j'ai failli mourir tellement
j'étais malheureux. J'ai entrepris une thérapie
au début de ma vie de couple, encouragé par ma femme.
Le problème était que j'avais terriblement peur
de me retrouver face à moi-même et au thérapeute.
J'ai abandonné cette thérapie avant de voir plusieurs
autres thérapeutes que je trouvais tous nuls car je souffrais
toujours. Le problème est que j'étais complètement
dans le déni de mes émotions car je n'étais
pas sincère avec moi-même. Je crois que très
jeune, pour ne pas souffrir, je me suis barricadé intérieurement
et avant d'arriver à DA j'avais du mal à identifier
mes émotions sans les juger. Aussi ai-je appris à
dissimuler ce qui était en moi, jusqu'à ma personnalité
toute entière. J'étais totalement anesthésié,
insensible à la douleur et au plaisir.
DA m'a redonné espoir là ou je croyais que tout
seul je pourrai un jour m'en sortir. Je me suis dit ça
tout les jours pendant presque 40 ans, jusqu'au jour ou j'ai connu
DA. Là, on m'a expliqué qu'il était important
que j'admette mon impuissance devant mes comportements compulsifs
et destructeurs. C'est ce que j'essaie de faire chaque jour. Il
est important que je sois vigilant car le naturel de ma dépendance
revient très vite.
Depuis un moment, j'ai acquis une sérénité
nouvelle car je ne dépense plus davantage que mes revenus,
ce qui a été longtemps le cas, même si depuis
2/3 ans je me sens vraiment dans le rétablissement. Du
coup, je me mets à envisager de gagner plus, car si je
continue à appliquer les principes de base de DA, en particulier
la sobriété financière et émotionnelle,
je me sentirai accompagné dans mon expansion. Je commence
à lâcher prise sur l'abondance. Plus j'arrive à
le faire, plus ça marche !
J'ai encore des hauts et des bas, comme tout le monde j'ai envie
de dire, mais j'ai soif de vivre, de me faire du bien, d'avoir
de bonnes relations avec mes enfants, ma famille, mes amis, mes
collègues et même ceux que je ne connais pas. Depuis
mon arrivée à DA, bien que j'aie la tête dure,
j'ai quand même pratiqué rapidement quelques outils
suggérés comme le carnet et le plan de dépenses.
Je n'ai jamais cessé de me servir des ces outils qui sont
de vrais compagnons au quotidien. Ils m'aident à sortir
du flou qui m'accompagne dans pas mal de domaines dont le temps
et l'argent.
Je me rends compte que la pratique des suggestions de DA, les
étapes et les traditions notamment, me donne un cadre assez
strict qui paradoxalement me redonne la liberté, moi qui
n'aime pas les contraintes. Ce que DA m'a donné, j'essaie
de le redonner à d'autres et je dois dire que j'ai grand
plaisir à le faire en participant à son fonctionnement
et en aidant les autres membres par exemple dans des réunions
à 3 où on épaule un membre pour ses comptes,
son travail etc.
Depuis que je suis arrivé à DA, j'ai pratiqué
les outils qui m'ont été suggérés
et en particulier le carnet de dépenses où je note
au quotidien toute dépense et toute recette à partir
d'un franc. En fin de semaine je reporte les totaux dans mon plan
de dépenses, de sorte que j'ai un cadre précis mais
souple pour ma gestion personnelle. Ainsi, je n'ai plus de surprise
par rapport à mon compte bancaire. De ce fait, je suis
beaucoup moins dans la dépendance de ma banque, je dirais
de mon banquier. J'ai souvent accepté des crédits
et d'autres services clés en main juste pour faire plaisir
à mon banquier. J'ai eu longtemps un costume trois pièces
taillé par ma banque. Je croyais que mon banquier m'aimerait
davantage si je prenais ces services (qui d'ailleurs m'enfonçaient
encore plus dans le trou) !!!
Mon plan de dépenses est simple à actualiser. Toutes
les dépenses fixes comme les impôts l'électricité
(je suis mensualisé, c'est plus simple) par exemple et
mon salaire sont en douzième, de façon à
ce que ces sommes soient stables. De ce fait, j'ai une partie
du plan de dépenses qui est toujours fixe. L'autre partie
comporte des variables comme l'alimentation, le restaurant, la
santé, les voyages etc. Aux premières réunions
faites avec deux autres amis pour m'aider dans ma situation, on
s'est aperçu que j'avais des tendances anorexiques : je
n'allais jamais au cinéma, mes dépenses d'alimentation
étaient faibles. En gros, je ne me faisais jamais plaisir.
Après en avoir pris conscience, j'ai essayé de changer
ces comportements négatifs.
On dispose à DA d'autres outils vraiment sécurisants
qui m'ont beaucoup aidé comme le parrainage d'un autre
membre qui a de l'expérience. L'anonymat me donne une grande
sécurité quand je parle en réunion puisque
personne ne connaît mon nom. Enfin l'entraide qui s'exerce
souvent au téléphone me permet de me sentir relié
au mouvement, ce qui m'a souvent permis, même quand j'avais
le sentiment d'aller bien, d'éviter de me mettre à
nouveau en dette.
Un des trucs qui m'a motivé au début et qui m'a
permis de continuer à DA, c'est que personne ne m'a jamais
demandé d'argent. Comme je suis anorexique financier, ça
tombe bien ! Avant DA, j'ai dépensé plusieurs milliers
de francs par mois en thérapie, alors que je n'avais pas
d'argent. Je me faisais du bien d'un côté et je me
sabordais de l'autre
En réunion DA, je donne si je
veux -personne ne sait combien- dans le chapeau qui passe en fin
de réunion pour couvrir les frais. D'ailleurs j'ai vu récemment
un texte pour l'organisation d'un événement DA à
New-York qui disait "les frais pour la journée sont
de 10$, ou donne en fonction de ton plan de dépenses. Si
tu ne peux pas donner tu es le bienvenu quand même. Si tu
peux donner plus, fais-le. Tout le monde est bienvenu". Une
telle ouverture d'esprit et une telle liberté sont vraiment
appréciables de nos jours.Je ne vais plus en thérapie
depuis 3 ans et ça ne me manque pas.
J'aime beaucoup participer au fonctionnement
de DA, je voyage, je sors en fonction de mes moyens et je vais
petit à petit vers une activité professionnelle
en rapport avec mes talents, mon désir d'autonomie et mes
rêves. Je me sens de mieux en mieux et je crois que ces
rêves peuvent enfin se réaliser en grande partie
grâce à DA

Témoignage
3
Voilà 4 ans, je rencontrais et je
joignais le groupe DA pour la première fois. Jétais
exténué à répéter sans cesse
les mêmes schémas : ne pas pouvoir garder un peu
dargent de coté, me mettre au en situation de dettes
permanentes, être redevable vis à vis de mon entourage.
En réalité, je ne me sentais jamais libre.
Lorsque je suis arrivé chez les Débiteurs Anonymes,
je ne parvenais plus à payer mon loyer. Cétait
mon amie de lépoque qui avec son modeste salaire
sen chargeait. Pour moi, cétait tout de même
normal :" On vivait ensemble, elle pouvait tout de même
bien faire cela ", sous-entendu par amour et pour preuve
quelle maimait et " tenait " à moi.
Ces histoires de dettes et dargent quelle mavançait
ont fini par pourrir et avoir raison de notre relation de couple.
Et moi là-dedans, je me sentais coupable, non responsable,
infantilisé de ne même pas pouvoir assumer la vie
de couple ne serait-ce ma part. Je me culpabilisais encore et
encore... En fait, jarrivais chez les DA lessivé,
au bout du rouleau, rongé par la culpabilité "
dêtre un moins que rien ".
Ma première réunion DA fut un véritable choc
: Voilà un espace où le tabou de largent se
levait
Cétait à peine croyable pour
moi qui durant plus de 30 ans pensais quil valait mieux
laisser enfoui tout cela.
Quelle merveilleuse révélation que dentendre
dautres êtres humains partager leurs peines et rétablissement
ensemble. Une part intime en moi sest réveillée
et sest sentie accueillie. Tous les partages résonnaient
fortement en moi, je pouvais midentifier en chacun.
Je me suis pour la première fois de ma vie senti reconnu
dans la part la plus intime et inavouable de moi-même.
Quelle surprise tout dabord de voir que tout était
libre et seulement suggestion. Je navais aucune obligation,
aucune contrainte de quelque ordre que cela soit. Je donnais ce
que je voulais donner, rien si je le souhaitais. Cela ma
mis pleinement en confiance, je me sentais accueilli dune
façon vraie.
Et puis progressivement, sans savoir véritablement pourquoi,
je suis revenu en réunion. " Cela sonnait juste "
Passé langoisse de ce que jallais pouvoir
dire, jai pris confiance en moi pour partager sur mes hontes
et peurs face à largent.
Je vois aujourdhui avec le recul dont je dispose à
quel point jétais pétri de peurs inconscientes
qui métouffaient et mempêchaient dagir
dans le sens de labondance et de la prospérité.
Les multiples peurs liées à largent dont jétais
" victime " mavaient fait sombrer dans une perte
de la raison :
Je nestimais pas largent et il me renvoyait la monnaie
de ma pièce ! Je souffrais dune telle mésestime
de moi que je ne pouvais en aucun cas avoir une quelconque estime
pour ce " satané " argent. Et puis, " on
peut vivre aussi sans être riche ". Javais de
telles peurs face à largent que je me rendais otage
des personnes avec qui jétais en lien.
" Du moment que jaime, il faut
que je paye ", " Si je ne paye pas le restaurant à
la femme qui maccompagne, je suis un salaud ". Et la
liberté dans tout cela ? Je me sentais ( encore aujourdhui
mais à des degrés moindre) obligé de payer
pour lautre sans savoir si javais suffisamment dargent
sur mon compte et malgré le fait que jétais
criblé de dettes.
Je mélangeais argent, sentiments, sensiblerie et affectivité
avec les relations qui mentouraient.
Quelques croyances avaient la vie dure en moi : " largent,
cest sale ", " On peut sen sortir sans argent
", " On ne prête quaux riches ", "
Si je gagne de largent et si jen ai suffisamment,
on ne va plus maimer. Au contraire, on va maimer pour
mon fric ", " Il ny a que les riches qui ont de
largent et je nai pas envie de leur ressembler ",
" cur et argent, cest incompatible ", "
pour gagner de largent, on est tenu décraser
lautre et je ne veux pas ça, je préfère
rester pauvre "
En continuant dassister aux
réunions, la lecture des étapes, des Traditions
et lécoute des partages ont commencé progressivement
à agir en moi à mon insu.
La première grande révélation, cest
que je nétais pas seul à avoir ces folles
pensées par rapport à largent. Je nétais
plus seul à me sentir comme un enfant avec largent.Josais
pour la première fois parler de mes impôts non payés,
de mon loyer non payé et de la honte associée. Ce
qui était en fait inimaginable et impensable pour moi,
cest que personne ne men tenait rigueur. Au contraire,
les amis du programme DA me soutenaient par leur écoute
et leur compréhension. Je commençais à contacter
les bienfaits de la Puissance Supérieure
Je revenais en réunion DA sans savoir encore pourquoi.
Au bout de 3 mois, un fait incroyable survint dans ma vie : une
entrée miraculeuse et providentielle de 100.000 Frs cash
me " tomba du ciel ". Cela me permit de lâcher
un temps soit peu la pression sur les différentes dettes
qui mobsédaient.Et puis, je maccrochais à
quelques outils miracles pour moi : le petit carnet et le Service.
Le petit carnet me suit depuis lors. Dans un premier temps, je
notais tout sans faire les totaux en fin de semaine. Par le petit
carnet, le flou commençait à disparaître.
Le simple fait de noter a pour effet de me rassurer, tout est
enregistré
Avant de rejoindre DA, il métait impossible de comptabiliser
quoi que ce soit : tout fuyait. En ne notant pas, javais
limpression et lillusion de ne rien dépenser.
Je ne me rendais compte de rien et je continuais de baigner dans
le flou et les peurs en tous genres.
En écoutant les amis qui ne cessaient de répéter
que le Service était essentiel et " pas seulement
pour dautres mieux qualifiés ", jai pris
du service au bout denviron 3 mois (serviteur littérature).
Ce poste ma permis de rentrer encore plus avant dans le
programme des Débiteurs Anonymes. Cétait aussi
une joie daller en réunion de service et de me dire
que je contribuais à ma juste part à ce que le groupe
fonctionne.
Et puis
langoisse de la 1ère
réunion de décompression. Je me disais au fond de
moi : " 2 personnes spécialement pour moi, cest
dingue ! " Cela ma fait traverser des phases difficiles
par le simple fait de demander et de reconnaître en toute
humilité que javais besoin daide. Au début,
les plans dactions nétaient pas toujours pleinement
appliqués. Mais, en moi, ma petite voix me disait juste
dappliquer le programme et les suggestions des amis que
je reconnaissais et reconnais comme ma Puissance Supérieure.
Je navais plus à discuter, à pinailler sur
le pourquoi du comment. Javais juste à appliquer
et suivre les suggestions de ma Puissance Supérieure à
qui javais moi-même demandé de laide.Et
cest vrai, cela marche. Des " petites " actions
me furent prescrites comme nettoyer moi-même les vitres
de mon appartement pour recouvrer la clarté ou rechercher
le montant exact de ma taxe dhabitation.
Sans les amis du programme DA et les réunions de décompression,
je naurai jamais osé desserrer létau
des chiffres que je ne voulais pas voir ni ressentir.
Lors des réunions de décompression que je demandais,
les amis mont tenu la main pour y voir plus clair. Oser
voir la réalité de ma situation financière
quil métait impossible de regarder seul. Avec
leur amour, fermeté et détermination, ils ont tenu
bon sans tomber dans le panneau parfois de ma mauvaise foi. Ma
survie était en jeu, je me débattais (cela marrive
toujours !) pour prouver par A + B quil était normal
et légitime que je vive au dessus de mes moyens.
Grâce au groupe des Débiteurs Anonymes, japprends
un jour à la fois à ne plus vivre la compulsion
du plaisir immédiat lorsque je nai pas les moyens
ou lorsque la dépense nest pas claire et pas "
visitée " par ma Puissance Supérieure via mes
amis DA.
Pour moi, accepter de ne pas satisfaire tout tout de suite par
des dépenses compulsives ou " non posées "
dans la sérénité est un grand pas que jai
appris et que je continue dapprendre en DA. Aujourdhui,
ce peut être une joie que de nengager une dépense
quà la condition davoir suffisamment sur mon
compte et que cette même dépense ne risque pas de
me fragiliser en remettant en cause tous les autres postes de
dépenses. Tant que jétais immergé dans
le flou et que je ne disposais pas de postes clairement identifiés
sous la forme dun plan de dépenses, cétait
la " débandade " assurée : je restais
empêtré dans des peurs qui me figeaient et mempêchaient
de vivre labondance et ma richesse intérieure.
Aujourdhui, grâce à DA, japprends à
me respecter et à ne pas me mettre sur la corde raide pour
me faire payer je ne sais quelles culpabilités. Je prends
conscience de ma valeur. Oui (même si cela me surprends
toujours !), jai une valeur qui ma été
donnée par ma Puissance Supérieure et il est important
à ce titre que je me valorise et que je contribue à
valoriser la vie par mes actes " un jour à la fois
".
Aujourdhui, grâce à DA, je valorise lénergie
que jemploie en demandant des arrhes avant même de
commencer un travail. Il y a quelques mois encore, cela me serait
apparu comme incongru, mesquin et irrévérencieux.
Aujourdhui, jose de plus en plus poser mes conditions
de règlements. Je ne reste plus soumis aux conditions de
lautre. Jai une valeur, je la fais respecter
et jaccorde dès lors plus de valeur à mon
travail, à mon engagement, à la valeur de largent
et de mon temps.
Aujourdhui, je sors progressivement du flou (" le flou
est lennemi du débiteur ") et je deviens plus
précis dans tout ce que je touche. Etre précis dans
mes comptes, cest rentrer plus dans le concret et cesser
de vivre au dessus de mes moyens comme avant où je disais
dans un abus de confiance compulsif : " Ce nest pas
grave ! ".
Aujourdhui, je suis de plus en plus en paix avec moi-même
et serein. Je confie les peurs du manque et les angoisses à
ma Puissance Supérieure en partageant en réunion,
en appelant des amis au téléphone et en exprimant
par écrit ce qui tourne dans ma tête et ce qui me
tourmente.
Aujourdhui, avec le groupe DA, je me sens appartenir à
une véritable famille (ne famille de rétablissement)
avec laquelle je me sens bien. Cest une joie de voir des
nouveaux arriver et se rétablir
lespoir est
toujours là.
Le groupe des Débiteurs Anonymes maide chaque jour
à passer du Non-dit refoulé au Dire en prenant le
risque de déplaire.
Aujourdhui, grâce à DA, jai recouvré
la solvabilité. Je sais à tous moments combien dargent
je dispose effectivement sur mon compte en banque. Je ne dépends
plus de mon banquier et des relevés sur lesquels je me
basais alors que javais émis dautres chèques
ne figurant pas encore sur les écritures.
Aujourdhui, je souris à ma banquière qui mavait
lancé il y a quelques années " Monsieur, nous
allons vous éduquer et vous apprendre à mieux gérer
votre compte " ou une autre banquière qui en rentrant
dans un chantage affectif mavait suppliée "
nagissez pas ainsi. Si vous le faîtes je risque de
perdre mon poste ! "
Aujourdhui, je sors de la dépendance un jour à
la fois. Je vis avec une femme que jaime et à qui
dès nos premières rencontres, jai confié
sereinement le dysfonctionnement avec largent dont je souffre.
Jai posé auprès delle ma vérité
et jose ainsi par exemple ne pas linviter au restaurant
de façon systématique. Je paye ma part en dépassant
ma peur dêtre pris pour un goujat.
Aujourdhui, je me sens reposer sur mon socle au contact
de mes besoins un jour à la fois. La pression de lurgence
se desserre, jose davantage demander sans exiger de lautre
en retour.
En regardant précisément et dans la clarté
ma situation financière, je me mens moins. Je repère
le schéma de " sous-gagnant " que jalimentais
depuis mon enfance. Je suis ainsi mieux à même de
voir et de poser les actes concrets pour vivre labondance
à partir dune base solide (aussi minimum soit-elle).
Enfin, aujourdhui grâce à DA, jexplore
la liberté dêtre et le sentiment dêtre
libre. Je mouvre à de nouveaux horizons en lien avec
ma Puissance Supérieure et dans mes 24 heures.
Je célèbre en ce jour mes 4 ans de programme chez
les Débiteurs Anonymes. Je remercie le groupe DA et tous
les amis du programme en route sur le chemin du rétablissement,
de la solvabilité, de la vérité et de la
liberté.
Luc, Paris, le 8 avril 2002
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